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Armel Tripon : « ma meilleure Solitaire »
Mardi, 22 Septembre 2009 10:18
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Trois belles étapes sur quatre, un Grand Prix Radio France à La Corogne, une place de 16e au général à seulement 1h30 du vainqueur et surtout une manière de naviguer radicalement différente… le bilan de cette 40eSolitaire est très largement positif pour Armel Tripon. Après une bonne nuit de sommeil à Dieppe, le skipper de Gedimat revient sur cette édition 2009, la plus aboutie depuis qu’il s’est lancé en Figaro.
Armel termine l'année 7 éme au championnat de France de course au large. Sa meilleur place depuis qu'il court en figaro...
Armel, tu gagnes six places au général par rapport aux années précédentes. On t’imagine satisfait ?

« Oui. Six places c’est énorme, d’autant qu’avec le plateau très relevé de cette 40e édition, entrer dans les 20 premiers est déjà une belle performance. Les places y étaient très, très chères ! Je finis devant quelques grands noms de la voile, à quelques minutes du dixième, moins d’une minute derrière le 15e. Mais ce que je veux retenir c’est surtout la manière. »


On a l’impression qu’il y a eu un déclic, que tu navigues différemment…

« J’ai fait cette Solitaire dans la droite lignée de ma dernière étape de 2008 : au contact, sans refuser la bataille bord à bord avec les tout meilleurs, en acceptant de parfois juste remettre la balle dans le court, en étant plus patient. Et ça a payé : je fais trois belles étapes sur quatre, dont une à la bagarre en tête. Même si j’ai été moins bien dans la deuxième étape, il y a un progrès évident. Au-delà du résultat final, c’est ma grande satisfaction aujourd’hui. »


Armel Tripon accède au très haut niveau, il y a eu un déclic ?

« Il reste des choses à améliorer, bien sûr, il en reste toujours. Mais je suis beaucoup plus serein. Dans le sport de haut niveau, beaucoup de choses se jouent dans la tête, surtout pour accéder aux dernières marches, les plus hautes donc les plus difficiles. Le travail que je fais depuis trois ans avec mon coach Ronan Lafaix commence à payer vraiment maintenant. C’est très, très positif. Il faut du temps, voilà tout. J’ai lu récemment un interview de Roger Federer ; aujourd’hui on a l’impression que c’est facile pour lui de tout gagner… mais à ses débuts, il s’énervait tout le temps, il cassait ses raquettes, il ne finissait pas ses matchs ! Donc je ne parlerais pas de déclic, mais plutôt du fruit d’un travail de longue haleine. Qu’il me faut poursuivre, je me sens vraiment sur la bonne voie maintenant. »


Un mot sur cette dernière étape. Encore une manche très difficile mais tu t’en sors bien ?

« Oui. Je n’étais pas bien parti d’Irlande, mais j’ai su être patient là aussi. Auparavant, je pense que dans de pareilles conditions, j’aurais joué un peu à la loterie, en « tirant dans les coins » comme on dit, ce qui ne sert pas souvent à grand chose. Là, je me suis arraché pour revenir au contact et la dernière nuit, j’allais comme un avion sous spi, j’étais super rapide et c’était une super sensation. C’est fou la chasse permanente aux algues que l’on a dû faire, la tête et les bras dans l’eau. Il y en avait partout, des champs entiers. Je n’exagère pas : c’est tout juste si on ne passe pas plus de temps à enlever les algues des safrans qu’à régler les voiles. La nuit, c’est parfois limite question sécurité, alors je m’attache quand je fais ça. Sur la stratégie, j’ai vraiment su être patient et c’était super de revenir à la bagarre avec les 10 premiers. C’est encore une étape très positive, qui va me servir pour l’avenir.»


L’avenir immédiat ?


« Prendre un peu de repos car je suis vraiment allé puiser dans nos réserves physiquement, puis me remettre à l’entraînement, au boulot, pour améliorer ce qui doit l’être encore. Le programme des dernières courses de la saison n’est pas encore définitivement arrêté. Je ferai peut-être le Défi Vendée mi-septembre, des records entre St Gilles Croix de Vie et Yeu, mais on verra ça pus tard. Pour l’instant, je savoure cette Solitaire, la plus belle de toutes depuis que je fais du Figaro.»
 
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