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Qu'est ce qu'une vie réussie? Luc Ferry
Mardi, 16 Septembre 2008 08:29
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 Livre de Luc Ferry

"Si l'on voulait se faire une image concrète de ce "grand style", il faudrait penser à ce que nous devons vivre, lorsque nous nous exerçons à un sport ou à un art difficiles et ils le sont presque tous, pour parvenir à un geste parfait. Pensons par exemple au mouvement de l'archet sur les cordes d'un violon, ou plus simplement encore, à un revers ou un service au tennis. Lorsqu'on observe la trajectoire chez le champion, il paraît d'une symplicité, d'une facilité littéralement déconcertante. Sans le moindre effort apparent, dans la fluidité la plus luipide, il envoie la balle à une vitesse confondante : c'est qu'en lui, tout simplement, les forces en jeu dans le mouvement sont parfaitement intégrées. Toutes coopère dans l'harmonie la plus parfaite, sans contrariété aucune, sans déperdition d'énergie, sans "réaction" au sens que Nietzsche donne à ce terme. Conséquence : une réconciliation admirable de la beauté et de la puissance que l'on observe déjà chez les plus jeunes pourvu qu'ils soient doué de quelques talents. A l'inverse, celui qui a commencé plus tard aura, l'âge venu, un geste irréversiblement chaotique, désintégré ou, comme on dit si bien "coincé". Non seulement l'élégance n'y est plus, mai la puissance manque et ce pour une raison symple : les forces en jeu, au lieu de coopérer, se contrecarrent entre elles, se mutile et se bloquent, de sorte que l'inélégance du geste se traduit par son impuissance. La bonne vie comme vie la plus intense? Une vie qui  prendrait pour modèle le "gèste réussi", le geste qui compose en lui la plus grande diversité pour parvenir dans l'harmonie à la plus grande puissance, sans effort laborieux, sans déperdition d'énergie : telle est au fond, la vision morale de Nietzsche, celle au nom de laquelle il dénonce toute les morales "réactives" toutes celle qui depuis Socrate, prônent la lutte contre la vie, son amoindrissement. Pour mieux comprendre cette aspiration éthique d'une nature, en effet, nouvelle, il est utilie de la comparer à ce qu'elle n'est pas, de voir exactement à quoi elle entend s'opposer presque terme à terme, non seulement au christianisme, mais avant lui au platonisme, et après lui, si l'on ose dire au romantisme."

 

C'est passionnant de voir Luc Ferry comparer le jeune doué avec l'adulte qui démarre l'activité et qui aura dit-il : "un geste irréversiblement coincé", alors que l'enfant lui aurait toute latitude à être fluide. Je trouve ce passage très intéressant où il fait la part belle au mélange entre l'harmonie et la puissance. Quand ce cocktail est réussi, qu'est-ce que c'est bon, qu'est-ce que c'est beau. C'est de l'art tout simplement. Et bien je pense que bien plus que dans le corps qui se raidit on peux aller chercher les explications dans l'esprit. En effet, quand je "lâche prise" je retrouve mon âme d'enfant et je peux ainsi goûter aux joies, au plaisir du mouvement libre, du jeu sans effort. Si vous croisez Luc Ferry parlez-lui du Soyez P.R.O. et Oser...

 
Le mot du mois:
L'acceptation

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