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Une philosophie de vie d'un champion
Jeudi, 25 Décembre 2008 10:40
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"Trente, quarante, cinquante ou soixante, ce ne sont que des numéros..." Son âge, Michel Robert ne s'en soucie guère. Ne comptez pas sur lui pour fêter dans l'excès cette barrière symbolique des soixante printemps. Celle où l'on se penche avec nostalgie sur son passé et où l'on imagine un futur une canne à pêche à la main avec pour seule préocupation la sièste de l'après-midi à l'ombre d'un vieux chêne. Michel Robert est aujourd'hui loin de tout ça. " Je suis toujours un gamin. Et si je ne me sens pas comme tel, c'est que je suis triste. De toute façon, je n'ai pas eu le temps de voir le temps passer. Il n'y a pas une journée où je me suis dit que je voulais changer de métier. Je me suis posé des questions, bien évidemment, mais sans jamais imaginer une vie sans les chevaux et la compétition". On m'avait dit : " Avec le do que tu as , à quarante ans, tu sera trop vieux pour monter". "J'ai préféré écouter mon envie et ce que j'avais dans le ventre." Sacré itinéraire que celui du n° 1 Français monté pour la première fois en selle à quatre ans... sur un mouton. Sa passion le mena par la suite sur tous les terrains. Ceux de concours complet d'abord jusqu'aux Jeu Olympiques de Munich, en 1972. Le Grenoblois privilégia ensuite le saut. Depuis trente-six ans, il sillonne la planète, régale tous les publics dans les tours d'honneur au grand galop plein de folie.
Ses succès et sa longévité, le cavalier installé à Moras, en Isère, les doit à une philosophie et un style de vie hors norme."Il y a beaucoup de travail sur soi, d'analyse, et de réflexion. On a tendanceà se cacher la vérité et à se trouver des excuses. On rejette la faute sur les autres. C'est la faute à "pas de chance" alors il faut s'éfforcer de toujours voir les choses en face. C'est comme ça qu'on progresse" Des paroles suivent des actes.
Depuis plusieurs années Robert a entamé une impréssionnante métamorphose. Chacune de ses journées débute désormais par au moin 30 mns de yoga, une façon de "faire démarrer le corps et l'esprit ensemble". "Cette évolution étais obligatoire. Quand j'ai vu que je n'arrivais plus à respirer en fin de parcours, j'ai arrêté de fumer. Puis, quand j'ai perçu qu'a chaque café mon coeur cognait, j'ai stoppé le café. Puis la viande rouge, puis le poisson et voilà. C'est ma route. C'est important de suivre son destin, de prendre conscience du pourquoi on est sur cette Terre. Si on passe à coté de ça, on ne peut pas tendre vers le bonheur. Moi, je suis sur cette Terre pour accompagner les chevaux, les faire progresser, les monter, les comprendre. Et transmettre."
Cette transmission, Robert la réalise à travers des livres et dans l'entraînement. Donner pour mieux recevoir. "Quand on fait travailler quelqu'un qui fait la grimace car il n'y arrive pas et qu'au bout de quinze minutes on le voit sourire parce qu'il a trouvé son bonheur, c'est nôtre récompense". Comme avec la jeune Pénélope Leprévost sa "protégée" depuis deux ans, en constante  progression au classement mondiale (42ème). "Quand j'ai commencé à collaborer avec lui, j'ai dû repartir à zéro, témoigne la cavalière. La première fois, c'est comme si j'étais une débutante. Mais je ne me suis pas posé de questions. J'ai suivi et mis mon égo de côté. Au début, ce fut assez violent car Michel n'hésite pas à dire des chose très dures. Mais il m'envoie dans les bonnes directions. Il comprend les chevaux"."Il faut constamment être à leur écoute poursuit-il. Comme pour les hommes, il doit y avoir un juste équilibre du corps et de l'esprit". Des méthodes et un style de vie qu'il applique à ses chevaux avec des séances d'éthologie ou d'acupuncture.
 
Le mot du mois:
L'acceptation

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